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Un "homme-poisson" descend l'Amazone contre la pollution
information fournie par AFP 20/05/2026 à 20:12

Le Colombien Wilber Honorio Muñoz, triathlète et militant écologiste, pose pour une photo dans les eaux du Rio Negro à Manaus, le 18 mai 2026 ( AFP / MICHAEL DANTAS )

Le Colombien Wilber Honorio Muñoz, triathlète et militant écologiste, pose pour une photo dans les eaux du Rio Negro à Manaus, le 18 mai 2026 ( AFP / MICHAEL DANTAS )

On le surnomme l'"homme-poisson", mais en guise d'écailles il n'a qu'une combinaison de néoprène. Wilber Honorio Muñoz, 45 ans, descend l'Amazone pour sensibiliser à la pollution plastique qui frappe ce fleuve emblématique.

Ce triathlète et militant écologiste colombien de 45 ans est parti en octobre depuis la source de Cuzco, au Pérou.

Après avoir parcouru 5.000 km en plus de 200 jours de nage, il est arrivé la semaine dernière à Manaus, métropole amazonienne du nord du Brésil.

Wilber Honorio Munoz plonge dans l'eau du Rio Negro, affluent de l'Amazone, le 18 mai 2026, à Manaus  ( AFP / MICHAEL DANTAS )

Wilber Honorio Munoz plonge dans l'eau du Rio Negro, affluent de l'Amazone, le 18 mai 2026, à Manaus ( AFP / MICHAEL DANTAS )

Sa destination finale: Belem, autre grande ville brésilienne qui a accueilli l'an dernier la COP30, conférence de l'ONU sur le climat. Il espère y arriver dans environ deux mois, par un affluent de l'Amazone qui s'y jette dans l'océan Atlantique.

En 2010, ce Colombien mince et tatoué avait déjà parcouru environ 1.500 kilomètres à la nage sur le fleuve Magdalena, dans son pays natal, pour une autre campagne de sensibilisation.

Cette fois, il a choisi l'Amazonie pour "susciter un impact mondial", dit-il à l'AFP sur la plage de Ponta Negra, à Manaus.

Dans ce périple, ce barbu aux cheveux longs nage quatre à dix heures par jour.

L'"homme-poisson" a beau avoir été averti du risque de croiser caïmans, anacondas ou piranhas, il ne retient que la "magie" des dauphins roses à ses côtés. "Je nage au milieu du fleuve, les caïmans restent près des rives."

Mais au-delà de la faune et des paysages à couper le souffle le long du fleuve qui serpente au coeur de la plus grande forêt tropicale de la planète, "je vois du plastique partout", déplore le Colombien.

Le Colombien Wilber Honorio Munoz lors de son périple à la nage dans l'Amazone, le 18 mai 2026, à Manaus ( AFP / MICHAEL DANTAS )

Le Colombien Wilber Honorio Munoz lors de son périple à la nage dans l'Amazone, le 18 mai 2026, à Manaus ( AFP / MICHAEL DANTAS )

Une étude de l'institut public brésilien Fiocruz, publiée en septembre, a conclu que l'Amazone est le deuxième fleuve le plus pollué par le plastique au monde, et qu'il charrie près de 10% de cette matière qui arrive dans les océans.

Financé grâce à des dons, le périple de Wilber Honorio Muñoz est retracé sur les réseaux sociaux par une équipe de bénévoles qui le suit à bord d'un petit bateau.

Toutes les heures, il fait une courte pause pour manger, oeufs ou viande. Le soir, il fait étape chez des communautés traditionnelles d'Amazonie qui lui ouvrent leurs portes.

Des vidéos publiées sur son compte Instagram montrent la réaction des habitants, qui s'approchent en criant: "Voici l'homme-poisson!"

Ce nageur intrépide dit avoir visité ainsi plus de 400 localités.

Dans ces étapes, il prend le temps de parler dans les écoles ou dans d'autres lieux publics, alertant sur l'importance de la préservation des cours d'eau.

"Nous avons besoin d'éducation environnementale", explique-t-il.

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